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conférence de prsse
conférence de presse

NBC, Universal City, California, le 25 juillet 1994. Conférence de presse
en présence de : George Clooney, Michael Crichton, Anthony édwards, ériq Lasalle, Sherry Stringfield, John Wells, Noah Wyle

George Clooney, qui joue le rôle du Docteur Ross, apparaît régulièrement dans des séries comme "Roseanne" ou "Soeurs de sang".
Anthony Edwards, qui incarne le Dr Greene, a tenu des rôles importants dans "Top Gun", "Mr North" et récemment dans "Le Client".
On a pu remarquer Eriq La Salle dans "The Color of Night" aux côtés de Bruce Willis, et dans le film de Spike Lee, "Drop Squad". Sherry Stringfield, le Dr Lewis dans la série, a précédemment joué le rôle de Laura Kelly dans "NYPD Blue".
Noah Wyle, qui incarne le Dr Carter, a récemment joué Lancelot dans le téléfilm "Guinevere of Camelot", et est également apparu dans le film "Des Hommes d’Honneur".
Michael Crichton, créateur et producteur exécutif de la série, est auteur et metteur en scène, ("Jurassic Park", "Rising Sun" et "Harcèlement"). L’autre producteur exécutif, John Wells a obtenu les "Peabody et Humanitas Awards" en tant que co-producteur de "China Beach".

QUESTION : Mr Crichton, vous avez beaucoup de projets dans d’autres domaines tels que l’écriture et le cinéma. Qu’est ce qui vous a amené à la télévision?

MICHAEL CRICHTON : Ce projet a une longue histoire et je m’y suis intéressé depuis mes études en médecine. Cela s’est passé je crois, en 1989, Steven Spielberg m’a appelé et m’a dit qu’il voulait filmer une histoire sur le service des urgences d’un hôpital. Je lui ai répondu que moi aussi, j’en avais envie. Nous avons commencé à travailler sur ce projet et rapidement après nous nous sommes intéressés aux dinosaures.(Rires).Nous n’avons cessé de reporter ce projet à plus tard. Puis nous avons pensé que cette idée pouvait prendre une autre forme que celle d’un film de cinéma. ét nous sommes très heureux d’en avoir fait une série télévisée.

QUESTION : Mr Crichton, pouvez-vous nous dire ce que cette série vous apporte personnellement? Vous rappelle-t-elle des souvenirs? Je ne sais pas jusqu’où vous êtes allé dans vos études de médecine. Avez-vous travaillé en tant qu’interne par exemple?

CRICHTON : Non, mais j’ai un doctorat en médecine. J’ai arrêté après l’obtention de ce diplôme.

QUESTION : Cette série décrit si bien l’enfer que vivent les gens qui travaillent dans ce service. Comment avez-vous pensé à cela? Avez-vous parlé à d’autres médecins, pourquoi ce sujet était-il si important à vos yeux?

CRICHTON : Et bien, je pense —on le retrouve d’ailleurs dans l’épisode pilote— que je me suis beaucoup inspiré de mes diverses expériences. C’est intéressant de voir que, bien que la médecine ait beaucoup évolué ces dernières décennies, certaines choses n’ont absolument pas changé. Je pense notamment, à la composition des médicaments de première urgence et à l’attitude des gens lorsqu’ils sont confrontés à la mort.

QUESTION : Avec le système actuel des hôpitaux, les internes travaillent pratiquement 24h/24 et les malades sont soignés par des gens exténués. Pensez-vous que ce système soit à revoir?

CRICHTON : C’est un système qui existe depuis longtemps. C’est une formation très intense pour les internes. Ils peuvent apprendre beaucoup de choses. Cela fait des années que le problème du personnel manquant sérieusement de sommeil, est posé. Il est vrai que c’est dangereux mais c’est le système.

QUESTION : Mr Crichton, votre série va-t-elle traiter de thèmes tels que la politique de santé, les réformes..? Vous avez l’habitude de parler de problèmes sociaux dans vos livres.

CRICHTON : Je crois que l’Àmérique entière est concentrée sur ce problème de santé et peut-être que nous n’avons pas besoin d’en rajouter. Je pense que la série traite du quotidien d’un lieu de travail. élle montre le monde tel qu’il est et non tel qu’il devrait être à l’avenir, comme ce que font les politiques.

QUESTION : Dr Crichton, à la télévision, il y a très peu de séries entièrement écrites par un seul auteur.Et ces auteurs n’écrivent généralement pas de roman en même temps. Avez-vous l’intention de continuer à écrire, seul, les épisodes de "URGéNCéS" ou allez-vous peu à peu déléguer et superviser cette tâche? Quel sera votre rôle?

CRICHTON : Je pense que je superviserai le plus souvent. Je ne sais pas ce que John Wells dirait de mon rôle jusqu’à maintenant. Parfois, j’ai l’impression d’avoir assez de distance, parfois j’ai le sentiment de le rendre fou. Donc, je ne sais pas ce qu’il en dirait.

JOHN WELLS : Lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que Michael, malgré son emploi du temps chargé, devait s’impliquer dans le scénario et son évolution avec l’équipe des scénaristes; ce qu’il a fait cet été. Il lit tous les scripts, tous les quotidiens. Personnellement, je ne sais pas comment il fait cela. J’ai toujours été impressionné par sa capacité de travail et d’adaptation, compte tenu de son emploi du temps.

QUESTION : Sherry, pouvez-vous nous parler de votre passage de "NYPD Blue" à "URGéNCéS"? Il me semble avoir lu dans la presse que vous n’étiez satisfaite de votre rôle dans "NYPD Blue". cela explique-t-il votre présence dans "URGéNCéS "?

SHERRY STRINGFIELD : Je pense qu’effectivement, cela a motivé mon choix de jouer dans "URGéNCéS". Vous savez, depuis le début, l’histoire était trop compliquée—dans le premier épisode, je divorce de l’acteur principal et j’étais l’adjoint du Procureur—c’était difficile de faire évoluer tout ça dans un commissariat. Il y avait toujours plein de problèmes de ce genre. J’ai pensé que je devais voir ce qui se passait ailleurs. Et voilà.

QUESTION : John, il semble que beaucoup de ceux qui ont travaillé avec vous sur "China Beach", retravaillent avec vous dans cette série. Faites vous un rapprochement entre l’atmosphère de cet hôpital et les conditions difficiles qu’ont traversées McMurphy et les autres dans "China Beach"?

WELLS : Oui, c’est l’une des premières choses que nous avons découvertes, moi et mon équipe, lorsque nous faisions des recherches pour "URGéNCéS". Les services soignant les blessés, forment leurs médecins dans les services d’urgences urbains. C’est le seul endroit où l’on peut voir des blessés par balles et par armes blanches, le genre de choses auxquelles vous êtes confronté sur un "champ de bataille". La façon dont on classe les patients selon la gravité de leur cas au Vietnam est très similaire à celle des services des urgences. Les deux pratiques sont très similaires.

QUESTION : N’est-ce pas du "déjà vu" pour vous et pour les autres? N’avez-vous pas l’impression de retrouver la même atmosphère, mais peut-être avec un regard différent?

WELLS : Il y a beaucoup de ça. Même si il y a une différence majeure entre un service d’urgences moderne et une tente plantée au milieu d’un champ à Da Nang. Nous avons souvent utilisé les mêmes procédés que dans "China Beach", en les améliorant. Nous avons rencontré beaucoup de médecins et d’infirmières des services des urgences. Un médecin et un étudiant en 3ème année de médecine ont été nos conseillers techniques. Une des raisons pour lesquelles la série est réaliste, est que tous nos figurants sont de vrais médecins et infirmières des services des urgences.

QUESTION : Anthony, auriez-vous pensé qu’un rôle aussi complet et aussi intéressant que le vôtre pouvait se trouver dans une série télévisée? Ôu cela ne vous a-t-il pas surpris?

ANTHONY EDWARDS : Cela ne m’a pas surpris que ce soit une production télévisée, compte tenu de qui l’a écrite et de qui est derrière cette série. Je n’ai jamais eu de problème avec la télévision. J’ai tourné quelques films. Mais je pense que la télévision est un format très excitant, espérons le, car nous allons tourné 23 heures de film cette année. C’est le sentiment que j’ai pour cette série.

QUESTION : Peut-on, d’après vous, comparer la structure du pilote au script d’un bon film de cinéma? Car il a certainement été structuré de cette façon. Il y avait un début, un milieu et une fin. Votre personnage encadrait, en quelque sorte, cet épisode.

EDWARDS : Les scripts de la série que j’ai pu lire ont été bien meilleurs que ceux de la plupart des films que l’on m’a envoyés. Cela est dû, je pense, au fait qu’à la télévision, les gens prennent plus de risques qu’au cinéma. Parce qu’ils n’ont pas un budget de 40 millions de dollars. Et j’apprécie cela. On ce qui concerne les personnages, il y a cinq rôles, distincts, très intéressants dans cette série.

QUESTION : Avez-vous l’intention de garder un oeil sur ce que fait la série concurrente? Pour vérifier que vous ne faites pas la même chose ou que vous ne traitiez pas des mêmes sujets?

WELLS : C’est une situation inhabituelle. Ce sont deux séries "médicales" mais je pense qu’elles sont très différentes. J’ai des amis qui travaillent sur "Chicago Hope" et je peux les appeler pour connaître les sujets des épisodes. Je ne m’inquiète pas en ce qui concerne le fait de traiter les mêmes sujets. Je pense que les deux séries sont structurées différemment, elles n’ont pas le même rythme. C’est très rare qu’une histoire qui se passe dans un service chirurgical soit la même que celle qui se déroule aux urgences. Chaque épisode de "Chicago Hope" raconte plusieurs histoires distinctes. Le rythme de "URGéNCéS" est différent. Donc, je ne pense pas que les deux séries empiéteront l’une sur l’autre.

QUESTION : Sherry, vous avez quitté une très bonne série parce que vous n’étiez pas satisfaite de l’évolution de votre rôle. ét maintenant, vous mettez-vous d’accord avec les producteurs, avant d’accepter un rôle, afin qu’il évolue mieux que dans "NYPD Blue"?

STRINGFIELD : Non, je le suppose simplement. Il paraît évident qu’il y a plus de choses à faire dans "Urgences".

QUESTION : John Wells, vous disiez, il y a une minute, que les figurants de la salle d’opération étaient de vrais employés de services d’urgences. Comment faites vous cela? Àvez-vous fait des recherches minutieuses sur ces "acteurs", qui ils étaient, d’où ils venaient?

WELLS : Bien sûr. Lance Gentile est médecin, conseiller technique sur le pilote et il fait également partie de l’équipe des scénaristes de la série. Lance est médecin dans un service des urgences; il travaille à Los Angeles et il nous amène des médecins, infirmières et internes des hôpitaux où il travaille. Ils aiment bien être là; ils viennent passer une journée et se relaient. Cela a été très utile pour le tournage du pilote. ét je pense que la série y gagne en authenticité.

QUESTION : En parlant d’authenticité, "Chicago Hope" a considérablement plus de détails graphiques sur les opérations que ce qui a pu être vu auparavant. Pouvez-vous parler de vos considérations à ce sujet?

WELLS : Je pense que les choses ont plus d’impact lorsqu’on ne les voit pas complètement. Dans "China Beach", nous avons mis longtemps à tourner des choses, vraies, qui semblaient fausses à l’écran. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà assis dans un service des urgences et que vous avez observé. Beaucoup de choses ont l’air irréelles. En fait, les choses sont plus fortes lorsque l’on s’en détache. Faire entendre ce qui émane de ces endroits et montrer les émotions des gens ont beaucoup plus d’impact que montrer aux gens un scalpel couper la peau. Personnellement, si je vois une telle chose dans une série, il y aura obligatoirement un moment où je vais arrêter de regarder la série et me demander comment l’effet a été réalisé. Quel que soit le moment où cela se produit, je manquerai l’aspect émotionnel de l’histoire. Nous avons tourné une ou deux scènes de ce type pour l’opération du personnage, Benton. ét lorsque nous avons regardé les rushes, je me suis dit "ça, c’est une vésicule de porc et ça, du sirop de karo". Àlors j’ai pensé qu’on allait en rester là.

QUESTION : Mr. Crichton, ressemblez-vous à un de ces personnages? Nourissez-vous vos personnages avec vos expériences propres?

CRICHTON : Oui, en particulier le personnage de Sherry.[Rires]. On me pose souvent cette question. Je pense que c’est le cas pour tous les auteurs; je m’imagine dans la peau de tous les personnages. Ils sont aussi tous mes enfants et je les aime également. Du moins pour l’instant.[Rires].

QUESTION : Les expériences que vous avez eues au cours de vos études de médecine, par exemple, peuvent se retrouver dans l’un de vos personnages.

CRICHTON : Absolument.

QUESTION : Mr Crichton, lorsque vous avez créé ces personnages et ces situations, qu’aviez-vous à l’esprit? Q’essayiez-vous de dire sur la nature du travail des médecins et des infirmières de services des urgences? ét sur la nature des services des urgences en général? Vouliez-vous en faire une description particulière?

CRICHTON : Oui, je pense qu’il y a eu une longue période où le rôle des médecins a été dénigré de beaucoup de manières. Vous savez, ce dont on entend le plus parler , ce sont des fraudes sur le programme Medicare ou des médecins qui font 10 000 opérations oculaires par minute. Avec tout cela, on oublie que la fonction première de la médecine est de prendre soin des gens.ét il reste des médecins qui exercent leur métier du mieux qu’ils peuvent et qui accomplissent de véritables exploits. Je voulais ainsi "remettre les choses à leur place" et montrer ces médecins là.

QUESTION : J’aimerais savoir si l’un d’entre vous a déjà eu l’occasion de se rendre dans une salle des urgences. Avez-vous connu des drames de cet ordre dans vos vies?

GORGE CLOONEY : Et bien, maintenant, je suis une thérapie, si ça peut aider.[Rires].

EDWARDS : Je me suis rendu au service des urgences dimanche dernier car en jouant au base-ball, j’ai trébuché sur mon propre pied. [Rires]. Je peux jouer le rôle d’un athlète mais je n’en suis pas vraiment un.[Rires]. Je me suis fait une entorse et je me suis luxé une épaule. Ayant effectué des recherches pour cette série, je me suis montré gentil et poli envers le personnel médical de cet hôpital. Car je savais que si je ne le faisais pas, ils auraient pris 15 minutes de plus pour me faire une intraveineuse, je souffrais tellement.[Rires]. Cela s’est finalement bien terminé.

QUESTION : Dans quel hôpital était-ce?

EDWARDS : L’accident? J’ai été à l’hôpital Santa Monica mais j’ai fait mes recherches au centre de traumatologie de U.C.L.A., "Le Bon Samaritain".

QUESTION : Le service des urgences est un endroit assez frénétique. (Considérant l’assistance entière) ést ce que les autres acteurs peuvent répondre? Quelles sont vos expériences à vous?

ERIQ LA SALLE; : J’ai fait des recherches avec Lance Gentile, qui est le conseiller technique de la série. Il travaille aux urgences de Beverly Hills. Mais je n’ai pas eu d’expérience semblable à Anthony.

STRINGFIELD : Tu n’as jamais été dans un service des urgences?

LA SALLE : Non, jamais. Juste avec des copains. Mais pas pour moi personnellement.

CLOONEY : Tu n’as jamais été pris dans cet engrenage?[Rires].

STRINGFIELD : Oh!

LA SALLE; : Ah, c’est ça.

STRINGFIELD : Quand j’étais enfant, je me cognais toujours le menton sur quelque chose. Et j’étais toujours là pour les piqûres. J’en avais une peur bleue. J’avais très peur des docteurs.

NOAH WYLE : Ma maman est infirmière en chef en orthopédie à l’hôpital Kaiser à Hollywood. J’ai donc grandi au sein d’un milieu médical et j’ai passé beaucoup de temps dans cet hôpital. ét je pense en passer encore plus aux urgences avec les amis qui y travaillent.

QUESTION : John, quelle est votre opinion sur l’épisode pilote? Est-ce pour nous un avant-goût dans le ton et le rythme de ce qui va suivre?

WELLS : Oui, je le pense. Bien qu’un des problèmes du tournage d’un pilote sur le milieu médical est de trop s’attarder sur la personnalité de chaque personnage. Les téléspectateurs s’identifient à des patients. Personnellement, je me mets à la place du type sur le brancard. Je ne voudrais pas entendre parler des problèmes de divorce des gens qui s’occupent de moi. Dans le pilote il est important de montrer que les médecins sont bons, bienveillants, compétents et que leurs patients passent en premier. C’est donc l’un des messages de notre pilote. Je pense qu’il est passé. Ceci étant établi, nous avançons dans la série. Je pense que maintenant nous avons l’opportunité d’explorer la vie privée de nos personnages. Nous laisserons de côté l’hôpital, A l’occasion.
Je pense que 75% de l’action se déroulera à l’hôpital et 25% à l’extérieur. Mais ce ne sera pas appliqué à la lettre. Il y aura des épisodes qui se passeront la majeure partie du temps hors de l’hôpital et d’autres qui se passeront seulement à l’intérieur. Le rythme et le style de la série seront égaux à ceux du pilote.

QUESTION : Mr Crichton, nous avons parlé, ce matin, au Dr Robin Cook, un ami à vous, qui nous a dit que c’était mauvais de mettre la profession sur un piédestal. D’après lui, c’est la raison pour laquelle il existe de mauvais docteurs. Il a ajouté que les médecins étaient des hommes et tous les médecins n’étaient pas égaux et tous les hôpitaux non plus. Il rejette toute divinisation des médecins. Que pensez-vous de ces remarques? Vous disiez que vous vouliez remettre les choses à leur place. Ne le faites-vous pas un peu trop?

CRICHTON : Non. Les deux opinions se défendent. Vous savez, au moment de mes études, les médecins, dans l’opinion des gens, étaient pratiquement aussi hautement considérés que les juges de la Cour Suprême. Le public leur portait une immense estime, qui, avec le recul, n’était pas justifiée. ét Robin fait partie de cette génération. C’est pourquoi il pense que tout cela, c’est trop et que les médecins doivent être "humanisés". Les docteurs de cette série sont très humains. Àucun ne fait un gros coup de fric ou essaie de corrompre le système dans cette série. Ce n’est pas le sujet de la série et cela ne concerne pas, selon ma propre expérience, les services des urgences.

QUESTION : Mr Crichton, vous semblez vouloir dépeindre ces hommes et ces femmes comme des héros, communs, ordinaires. ét en même temps, ne pensez-vous pas que vous influencez le public dans le mauvais sens, car si les téléspectateurs regardent attentivement la série, ils voient des médecins qui après 21 heures de travail d’affilée continuent à examiner les autres patients? Ôu un étudiant de 3ème année, incapable de faire une intraveineuse? Je serais horrifié à l’idée que Noah me fasse une intraveineuse ! [Rires]. Ne donnez-vous pas à la fois une bonne et une mauvaise image?

CRICHTON :Oui, mais c’est ce qui se passe dans la réalité. Àvant Noah, c’était moi. Le sang giclait du bras du type, car je n’arrivais pas à faire une intraveineuse. Des milliers de jeunes médecins ont fait la même erreur, pendant leurs études. Les hôpitaux sont très formateurs. Je pense qu’on rend service aux gens en leur montrant le monde tel qu’il est.

QUESTION : Les urgences sont un endroit frénétique. Comment éviter de basculer dans un mélodrame tout en gardant l’équilibre et le ton des scènes dramatiques de la série?

WELLS : Le mélodrame est toujours un problème dans ce genre de situation. Ce que nous essayons de faire, c’est de ne pas s’attarder sur chaque patient. Vous savez, la série traditionnelle sur les milieux médicaux ne parle pas vraiment des médecins. Les histoires parlent des patients. Ils arrivent au premier acte et disparaissent au dernier, quelque chose leur arrive, puis vous voyez leur famille. Ôn s’occupe toujours d’eux.

Le rôle du médecin est de voir un certain nombre de patients dans la journée. ét franchement, je ne pense pas que nous ayons passé assez de temps sur chaque patient pour que la série bascule dans le mélodrame. Vous allez de scène en scène, de patient en patient. ét vous suivez le cours de la journée, avec le regard du docteur. Àinsi nous essayons de préserver la série de tout sentiment "facile".
Nous ne faisons pas d’épisode traitant d’un sujet précis. Il n’y aura pas d’épisode de "URGéNCéS" traitant de l’euthanasie ou de la situation de la santé aux états-Unis. Vous vivrez ce que vivent les médecins. ét si vous désirez en tirer des conclusions, vous le pouvez, mais nous ne prêcherons pas sur ce que vous devez retenir de ces expériences. Nous vous montrons ces expérienxces, c’est tout.

QUESTION : Mr. Wells, du temps de "M*A*S*H", je me souviens qu’il y avait une loi à respecter; il fallait montrer au moins une scène où les médecins travaillaient sérieusement. Ils trempaient dans le sang jusqu’au coudes. ést-ce que ce sera le cas dans cette série? À quel moment de la série verra-t-on une scène de ce type?
WELLS : Je pense que la difficulté sera de dire dans chaque épisode, qu’il y aura au moins une partie où on les verra parler à d’autres personnes qu’à des patients. Cela veut dire qu’ils vont passer la plupart de leur temps avec les patients. Un épisode verra apparaître en moyenne 30-40 patients.

QUESTION : Mr. Wells, j’ai remarqué en regardant la série, que le jargon médical semblait être omniprésent, presque comme au temps de "Ben Casey". Cette tendance va-t-elle se retrouver dans tous les épisodes? Ne craignez-vous pas qu’un excès de vocabulaire technique puisse faire fuire l’audience?

WELLS : Vous savez, si vous essayez d’expliquer tout le jargon médical, le public se sent obligé de le comprendre. Puis vous vous rendez compte que vous passez beaucoup de temps à expliquer du vocabulaire médical complexe au public et il le regarde. Ce que nous espérons, c’est que le téléspectateur entende le vocabulaire sans y faire attention. Il n’y a aucune chance pour que la majorité des gens sache ce que c’est qu’un CBC, un Chem-7 ou un UÀ etc. Àlors il commencera à s’intéresser à ce qui se passe dans la scène. Il fera attention à ce qu’endure le patient et à ce que font les médecins. Notre souci a toujours été de ne pas perdre de temps à expliquer la complexité d’une scène. Nous voulons que le téléspectateur comprenne l’émotion que véhicule une scène, ses enjeux et ce que les médecins tentent de faire.

QUESTION : Dr Crichton, pouvez-vous nous parler de ce qui vous a impressionné quand vous aviez l’âge de Noah? ét nous dire pourquoi vous n’avez pas continué après l’obtention de votre diplôme?

CRICHTON : ét bien, je crois que c’était vraiment ça. Les gens vivant dans un stress permanent, la façon dont la vie privée du personnel est sacrifiée, le fait que ces gens essaient d’accomplir quelque chose de bien, vous voyez. Ils doivent avoir leurs raisons pour faire cela, ils peuvent aimer les décharges d’adrénaline mais ce n’est pas la profession la mieux payée. C’est un choix qu’ils font par vocation. j’aime beaucoup cela.
J’ai quitté la médecine pour rendre service à mes patients. [Rires]. J’étais un horrible docteur. Si on m’avait appelé la nuit parce que le petit Johnny avait une otite, j’aurais répondu : "Donnez lui une aspirine et appelez-moi demain." ét vous savez, vous ne voudriez pas d’un médecin irritable qui, pour une douleur à l’estomac due à une crise de foie, essaiera de savoir de quelle maladie inconnue il s’agit. [Rires].
Qui a besoin d’un médecin qui invente une nouvelle maladie rien que pour vous? [Rires].
Je ne me sentais pas à mon aise, j’ai donc quitté la médecine.

QUESTION : Mr. Crichton, vos camarades de classe et vos parents ont-ils compris votre décision? Qu’a dit votre famille?

CRICHTON : Ils étaient horrifiés. Surtout après mon départ pour Los Àngeles et mon entrée dans le show-business. Je vous ai dit tout à l’heure qu’à cet époque, les médecins étaient presque considérés comme les juges de la Cour Suprême. ét bien, c’était comme si j’avais renoncé à la Cour Suprême, pour devenir un petit fonctionnaire.[Rires].

QUESTION : Le personnel des urgences est sans doute le plus enclin à quitter le métier pour cause de surmenage. J’ai un ami qui y travaille depuis sept ans et il est le plus âgé de son service. Si cette série marche et qu’elle est diffusée pendant des années, comment allez-vous faire pour garder tous ces personnages ensemble, ce qui semble irréaliste pour un service des urgences?

WELLS : C’est la difficulté dans une série télévisée. Ôn présente deux personnages ensemble, qui ne resteraient pas longtemps ensemble dans la réalité, à l’exception des séries dites "familiales".
Vous éprouvez exactement les mêmes problèmes avec une série policière. Les policiers ont un même co-équipier pendant six ou sept mois, en réalité.
Dans "Urgences", nous parlons de la pression que subissent les médecins. Nous essaierons de trouver des moyens ingénieux pour garder la même distribution pendant longtemps.

QUESTION : Mr. Crichton, vous avez vécu une incroyable année et même une année et demi. Vous êtes passé d’écrivain à succès à une véritable marque de qualité, et les gens éditent vos premiers livres écrits sous un pseudonyme, sous votre vrai nom. Qu’est-ce que cela a changé dans votre vie?

CRICHTON : Ma vie est devenue un enfer. [Rires]. Je ne sais pas quoi répondre. J’ai toujours voulu être derrière les caméras, je ne voulais pas être reconnaissable. Et je le suis maintenant. Cela demande beaucoup de travail également.

QUESTION : Cette question s’adresse aux producteurs—lorsqu’on se trouve dans un véritable service des urgences, les relations avec les patients durent très peu de temps. Les médecins leur sauvent la vie et les envoient soit chez eux soit dans un autre service. Àlors que dans un autre service médical, on peut développer la relation avec les patients.
ést-ce que cela vous pose un problème du point de vue du scénario, que les médecins et les téléspectateurs ne connaissent pas beaucoup les patients?

WELLS : Je viens juste de commencer à écrire et je trouve cela libérateur de ne pas devoir écrire une série médicale traditionnelle. Je venais d’écrire une série médicale lorsque Michael et moi nous nous sommes rencontrés la première fois. ét j’ai aimé ce projet parce que c’est une série de type différent.

QUESTION : Mais pour le téléspectateur, je veux dire…

WELLS : Non, non et je vais en dire un peu plus. Ce qui se passe, c’est qu’en temps qu’auteur, on est forcé d’écrire sur les médecins. Il ne s’agit pas de montrer constamment les malheurs des malades.
Il s’agit d’observer un personnage pendant une longue période, ce qui est plus difficile. ét c’est ce que nous faisons pour les gens qui travaillent dans les hôpitaux.
C’est plus difficile mais aussi plus intéressant. Cela renvoie à votre question sur le côté mélodramatique à éviter. Il est beaucoup plus difficile de faire du mélodrame dans ces situations parce qu’il n’y a pas de moments mélodramatiques à jouer.

QUESTION : John, vous parliez du réalisme de cette situation. La plupart d’entre nous qui avons été confrontés à un service des urgences, nous n’avons jamais eu droit à une armada de médecins. Nous avons connu ces horribles blouses blanches et une salle froide où nous avons patienté cinq heures avant que quelqu’un prenne notre température. Allez-vous en parler dans la série ?

WELLS : Oui, nous en parlerons. C’est vrai que c’est difficile de comprendre quand on attend pendant cinq heures que son cas ne nécéssite peut-être pas une "armada" de médecins.
Lorsque l’on se place de l’autre côté de la barrière, personne n’intervient car tout le monde est occupé à sauver une vie et vous attendez car vous avez un problème mineur. Ce que je dis toujours est que si c’est votre enfant qui est dans une ambulance en direction de l’hôpital, vous voudriez bien que cette personne en blouse blanche attende un peu. Ce n’est pas un système où le premier arrivé est le premier servi. C’est un système où celui qui en a le plus besoin est le premier soigné. Et particulièrement dans les hôpitaux universitaires qui tendent à être de véritables hôpitaux urbains et qui accueillent une interminable vague de gens qui ont besoin d’être sauvés. C’est vrai que c’est frustrant de se retrouver assis, gelé dans cette blouse ridicule et regardant la même infirmière passer toutes les heures. Les gens ne sont pas absents parce qu’ils font une pause café ou qu’ils regardent la télévision, c’est parce qu’ils sauvent la vie de quelqu’un.

QUESTION : én parlerez-vous?

WELLS : Oui, nous en parlerons. Car c’est l’image que se font les gens des services des urgences.

QUESTION : Vous disiez que vous n’alliez pas traiter de sujets sociaux ou politiques; les urgences sont devenues symptômatiques de la crise de la santé actuelle dans notre pays. élles sont devenues le plan de santé de dernier recours pour beaucoup de gens pauvres, qui doivent se rendre aux urgences. Àllez-vous parler de ce sujet?

WELLS : Ce que je voulais dire tout à l’heure, c’est que nous en parlons en le montrant. ét vous pouvez en tirer vos propres conclusions. Je suis toujours préoccupé lorsqu’un personnage dit ce qu’il pense en donnant l’impression de faire un sermon. Si vous êtes d’accord avec lui, c’est bien; mais si vous ne l’êtes pas, vous n’avez pas envie de le revoir. Parce que ce n’est pas votre opinion.

QUESTION : J’imagine que les médecins en parlent et ne se contentent pas de regarder les vagues de gens qui passent aux urgences.

WELLS : Ils le font quelquefois. én vérité, chaque fois que j’y suis allé, j’ai remarqué qu’ils étaient tous tellement sous pression qu’ils n’avaient même pas le temps de s’assoir. Pendant les quelque 120 heures que j’ai passé aux urgences, je ne les ai jamais entendu parler de cela.
J’ai entendu des gens raconter des blagues sur ce sujet. Vous voyez, de l’humour noir. Mais je n’ai jamais entendu personne en parler sérieusement.

QUESTION : Vous traitez de milieux médicaux, vous avez l’occasion de parler de thèmes que les chaînes de télévision ont tendance à éviter, tels que l’avortement ou le sida. én avez-vous discuté ?

WELLS : Non. Pour "China Beach", je n’ai jamais eu de problème. Parce que nous n’avons jamais fait faire des sermons aux personnages. Il y a toujours un problème quand on a tendance à donner son opinion aux gens, alors qu’ils peuvent penser différemment.
Si vous présentez simplement l’évènement et laissez le public en penser ce qu’il veut, alors vous rendez vraiment service. Si vous avez tendance à donner une morale, alors je pense que vous avez moins d’impact. Un auteur , si il veut faire passer un message, doit le faire intelligemment.
Et je pense que c’est là où se situent les difficultés. Nous avons réalisé un épisode de "China Beach" sur la question de l’avortement, ce qui n’a pas posé de problème car nous avons montré plusieurs points de vue.
Et je pense que nous verrons de plus en plus de sujets de ce type. En procédant de cette manière, je pense que nous avons plus d’impact. Comment les gens sont confrontés au sida, le sida dans les services des urgences, ce qui est une réalité. Cela en dit plus sur la question du sida que tout sermon sur le sujet.

QUESTION : George et ériq, c’est pour vous la deuxième occasion d’incarner des médecins. Et George, il y a dix ans vous jouiez dans une comédie… (é/R en 1984-85)

CLOONEY : Ce n’était pas supposé être une comédie.

QUESTION : Pouvez-vous comparer les recherches que vous avez effectuées sur les deux séries? Les trouvez-vous utiles, à présent? Pouvez-vous nous dire celle qui a demandé le plus de recherches?

CLOONEY : Pour moi, c’était différent d’aller dans les hôpitaux il y a 10 ans. Le monde a beaucoup changé en 10 ans; en 1984, on ne parlait pas encore du sida, et on pouvait visiter les urgences sans problème. Les enjeux, aujourd’hui semblent être plus grands, en tous cas dans les hôpitaux urbains comme celui de Beverly Hills.

QUESTION : George, Anthony et Sherry, vous venez tous les trois de séries à succès? Pouvez-vous nous expliquer la difficulté ou le traumatisme que l’on éprouve lors du passage d’une série à une autre? Vous, Sherry vous étiez insatisfaite de "NYPD Blue". Quelles difficultés avez-vous eu avec le producteur ou le studio…?

STRINGFIELD : Il n’y a pas eu de véritables difficultés. C’est ce que je vous ai dit tout à l’heure. C’était dur de trouver des idées qui allaient avec le personnage, c’est pourquoi ce n’était pas difficile de partir. C’était juste un problème et je suis partie. Il n’y a pas eu de scandale. Maintenant je fais partie de cette série formidable. C’est génial. [Rires].

EDWARDS : On m’a entraîné dans "Northern éxposure", je pense pour étendre le problème de Joel et Maggie dans la série. Ainsi, ils m’ont pris pour une année, m’ont "mâché" et m’ont "craché". [Rires]. ét heureusement. Cela s’est organisé parfaitement pour moi. Sans problème.

CLOONEY : Moi, je faisais des apparitions dans "Sœurs de sang". J’ai commencé par tourner quelques épisodes et puis c’est devenu plus important. La raison pour laquelle il est difficile de quitter une série, est que tous les gens sont adorables. Mais ici, les gens ne sont pas non plus des minables.


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